Édition du jour  |  📩 Newsletter gratuite  |  📋 Simulateur retraite  |  📞 Numéros d'urgence
France Éditions — accueil Le média des seniors français
Santé · Douleur

Sciatique et cruralgie : douleurs de la jambe qui viennent du dos

Une douleur qui part du bas du dos et descend jusqu'au pied ou à la cuisse : c'est probablement une sciatique ou une cruralgie. Bénignes le plus souvent, elles se soignent bien — sauf certains signes qui, eux, imposent d'aller vite.

🦵

🔤 ABCDE — reconnaître le nerf en cause

  • A — Arrière de la cuisse et du mollet = nerf sciatique (S1) ou (L5).
  • B — Bord externe du pied = S1.
  • C — Cuisse avant, jusqu'au genou = nerf crural (L3-L4) = cruralgie.
  • D — Dos douloureux qui « ne descend pas » = lombalgie simple, pas de sciatique.
  • E — Extension du pied impossible = urgence, atteinte motrice à explorer.

La sciatique et la cruralgie sont des douleurs nerveuses : le nerf est comprimé au niveau du dos (souvent par une hernie discale ou une arthrose), et la douleur « descend » le long du trajet du nerf. Fréquentes après 60 ans, elles sont bénignes dans 90 % des cas — mais quelques signaux imposent d'agir vite.

Sciatique et cruralgie : quelle différence ?

  • Sciatique : douleur qui part de la fesse, descend derrière la cuisse, le mollet, jusqu'au pied. C'est le nerf sciatique (racines L5 ou S1) qui est comprimé.
  • Cruralgie : douleur qui part de la fesse ou du bas du dos, descend devant la cuisse jusqu'au genou (rarement plus bas). C'est le nerf crural (racines L3 ou L4).
  • Les deux peuvent s'accompagner de fourmis, engourdissements, parfois faiblesse musculaire.

Les causes principales après 60 ans

  1. Hernie discale : un disque intervertébral déborde et comprime le nerf. Moins fréquente qu'à 30 ans mais possible.
  2. Arthrose du rachis (canal lombaire étroit) : rétrécissement progressif du canal où passent les nerfs.
  3. Tassement vertébral (ostéoporose) : plus fréquent après 65 ans.
  4. Spondylolisthésis : glissement d'une vertèbre sur l'autre.
  5. Rarement : tumeur, infection, hématome.

📬 Recevez nos meilleurs conseils chaque semaine

Rejoignez plus de 10 000 lecteurs qui reçoivent nos analyses vérifiées, alertes arnaques et droits à ne pas manquer — gratuit, sans publicité.

✉ Je m'inscris gratuitement

Ce qui soulage (traitement de 1re intention)

  1. Repos relatif (pas alité) 2-3 jours maximum, puis remise en mouvement progressive.
  2. Paracétamol 1 g × 3-4/jour, base du traitement.
  3. AINS courts (7-10 jours max) sur ordonnance, avec protection gastrique si besoin. À éviter en cas d'hypertension mal contrôlée ou d'insuffisance rénale.
  4. Décontracturants musculaires parfois.
  5. Chaleur locale (bouillotte, coussin chauffant) : détend les muscles autour du nerf.
  6. Kinésithérapie dès que la douleur permet le mouvement : exercices de mobilité, étirements du nerf sciatique.

Voir la fiche ameli sur le mal de dos.

Si la douleur résiste après 6-8 semaines

  • IRM lombaire pour visualiser précisément la compression.
  • Infiltration de corticoïde guidée sous scanner : très efficace dans 60-70 % des cas.
  • Consultation spécialisée (rhumatologue, neurochirurgien).
  • Chirurgie réservée aux formes qui résistent à tout, ou aux formes déficitaires (voir plus bas).

Les signes qui imposent l'urgence

  • Sciatique paralysante : pied qui ne se relève plus (impossible de marcher sur les talons).
  • Syndrome de la queue de cheval : troubles urinaires ou anaux nouveaux, anesthésie du périnée. Urgence chirurgicale — appelez le 15.
  • Fièvre + douleur du dos qui empire : suspicion d'infection.
  • Perte de poids + douleur nocturne non améliorée par le repos : à explorer.
  • Antécédent de cancer et nouvelle sciatique.

Ce qui aide au quotidien

  • Bouger — le repos prolongé entretient la douleur. Marche progressive, dès que possible.
  • Éviter les positions prolongées assise ou debout ; changer souvent.
  • Renforcer les muscles du tronc (gainage, kiné) pour protéger le rachis.
  • Perdre 3-5 kg si surpoids : soulage considérablement.
  • Ergonomie : bureau à hauteur, chaise avec bon soutien lombaire, coussin dans la voiture.
  • Voir aussi mal de dos après 60 ans et arthrose cervicale.

Combien de temps ça dure ?

Une sciatique typique guérit en 4 à 6 semaines, une cruralgie en 6-8 semaines. Au-delà de 3 mois sans amélioration, on parle de forme chronique et il faut réévaluer la prise en charge (IRM, infiltration, avis spécialisé).

🎯 À retenir

Sciatique et cruralgie sont désagréables mais rarement graves. Repos court + paracétamol + reprise du mouvement + kiné suffisent dans 90 % des cas. Consultez sans tarder si perte de force, troubles urinaires ou douleur qui empire — ces cas rares nécessitent une prise en charge rapide.

Partager cet article : 🖨 🔗

Questions fréquentes

Faut-il rester au lit en cas de sciatique ?

Non, plus de 2-3 jours de repos aggrave la douleur en général. La reprise progressive du mouvement est la meilleure médecine, associée aux antalgiques.

Une IRM est-elle toujours nécessaire ?

Non. Elle est réservée aux formes qui persistent au-delà de 6-8 semaines malgré traitement, ou en cas de signe déficitaire (perte de force, troubles urinaires).

Les infiltrations sont-elles dangereuses ?

Sûres quand faites sous contrôle radiologique par un radiologue ou rhumatologue. Effet dans 60-70 % des cas, durée 2 à 12 mois. Répétables 2-3 fois.

Peut-on faire de la marche avec une sciatique ?

Oui, dès que possible, à petit rythme. La marche active la circulation et le mouvement du disque. On évite les efforts en flexion (soulever, se pencher pour lacer).

Ostéopathe ou kinésithérapeute ?

Le kinésithérapeute est prescrit par le médecin et remboursé ; l'ostéopathe est peu ou pas remboursé. Kiné en 1ʳᵉ intention pour la sciatique, l'ostéopathe peut compléter.

Est-ce que la chirurgie est fréquente ?

Non, moins de 5 % des sciatiques opérées. Elle est réservée aux formes très douloureuses résistantes ou déficitaires. Résultats généralement bons quand indication bien posée.

À lire aussi