Une sensation de grain de sable, des yeux qui brûlent le soir, une vision qui se trouble par moments — et parfois, paradoxe déroutant, des yeux qui pleurent. La sécheresse oculaire est banale mais épuisante. Elle se soulage très bien, à condition de s'y prendre correctement.
La sécheresse oculaire est un trouble dans lequel l'œil ne produit plus assez de larmes, ou des larmes de mauvaise qualité qui s'évaporent trop vite. Or le film lacrymal ne sert pas qu'à pleurer : il lubrifie, nettoie, nourrit la cornée et participe à la netteté de la vision. Quand il fait défaut, la surface de l'œil s'irrite en permanence. C'est l'un des motifs de consultation les plus fréquents chez l'ophtalmologiste après 60 ans, et pourtant l'un des plus banalisés — beaucoup de personnes vivent des années avec une gêne quotidienne en pensant qu'il n'y a rien à faire. C'est faux.
Le plus déroutant est que la sécheresse oculaire ne donne pas forcément une sensation de sécheresse. Les signes typiques sont :
Ce dernier point explique pourquoi beaucoup de personnes ne font pas le lien : elles consultent pour des yeux qui pleurent, et la cause est… la sécheresse.
La production de larmes diminue naturellement au fil des années, et les glandes des paupières qui fabriquent la partie grasse du film lacrymal fonctionnent moins bien. Mais l'âge n'explique pas tout, et les facteurs aggravants sont souvent ceux sur lesquels on peut agir : les écrans (devant un écran, on cligne des yeux jusqu'à trois fois moins souvent), l'air sec du chauffage ou de la climatisation, le vent, et surtout de nombreux médicaments — traitements de la tension, diurétiques, antihistaminiques, certains antidépresseurs, collyres contre le glaucome. C'est un excellent sujet à aborder lors d'une révision de vos traitements. Certaines maladies générales et les suites d'une opération de la cataracte peuvent également être en cause. Le sujet est bien documenté sur l'article Sécheresse oculaire de Wikipédia.
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Je m'inscris à la newsletter →Les larmes artificielles sont le traitement de base, et elles fonctionnent bien — à condition de les utiliser correctement. Trois conseils font toute la différence : privilégiez les formules sans conservateur (en unidoses ou flacon à valve), car les conservateurs irritent la surface de l'œil à l'usage prolongé ; appliquez-les régulièrement et préventivement, plusieurs fois par jour, sans attendre la gêne ; et sachez que les gels, plus épais, conviennent mieux le soir. Demandez conseil à votre pharmacien pour choisir.
À cela s'ajoutent des gestes simples et très efficaces :
Une gêne légère et intermittente se gère très bien avec les larmes artificielles et les bons gestes. Consultez en revanche un ophtalmologiste si la gêne persiste malgré ces mesures, si elle retentit sur votre quotidien, ou si les larmes artificielles ne suffisent plus : il existe d'autres traitements, notamment pour l'inflammation associée. Et consultez sans tarder en cas de douleur oculaire vraie, de baisse de vision, d'œil rouge et douloureux ou de sensation d'avoir reçu un corps étranger : ces signes ne relèvent plus de la simple sécheresse. Ne laissez pas non plus une gêne chronique s'installer sans avis : une surface oculaire irritée en permanence peut finir par s'abîmer. Si vous n'avez pas de médecin, voir comment en trouver un.
Essayez pendant deux semaines l'association qui marche le mieux : larmes artificielles sans conservateur plusieurs fois par jour, plus une compresse tiède sur les paupières chaque soir suivie d'un léger massage. C'est la compresse que la plupart des gens négligent, et c'est souvent elle qui fait la différence. Si rien ne change, prenez rendez-vous chez l'ophtalmologiste.
C'est un trouble dans lequel l'œil ne produit plus assez de larmes, ou des larmes de mauvaise qualité qui s'évaporent trop vite. Le film lacrymal ne servant pas qu'à pleurer mais aussi à lubrifier et nourrir la cornée, la surface de l'œil s'irrite en permanence. C'est très fréquent après 60 ans.
C'est le paradoxe le plus déroutant de cette affection. L'œil irrité par la sécheresse déclenche une production de larmes réflexes, de mauvaise qualité, qui coulent sans lubrifier efficacement. Beaucoup de personnes consultent donc pour des yeux qui larmoient alors que la cause est bien la sécheresse oculaire.
De nombreux traitements courants : médicaments de la tension, diurétiques, antihistaminiques, certains antidépresseurs, et les collyres contre le glaucome. C'est un excellent sujet à aborder lors d'une révision de vos traitements avec votre médecin, car un ajustement peut parfois nettement améliorer la situation.
Privilégiez les formules sans conservateur, en unidoses ou en flacon à valve : les conservateurs irritent la surface de l'œil en usage prolongé. Appliquez-les régulièrement et préventivement, plusieurs fois par jour, sans attendre la gêne. Les gels, plus épais, conviennent mieux le soir. Demandez conseil à votre pharmacien.
Oui, et c'est le geste le plus sous-estimé. Appliquer une compresse tiède quelques minutes sur les paupières fermées, puis masser doucement le bord des paupières, permet de déboucher les glandes qui produisent la partie grasse des larmes. Pratiqué chaque soir, cela améliore souvent nettement le confort.
Nettement. Devant un écran, on cligne des yeux jusqu'à trois fois moins souvent, ce qui laisse le film lacrymal s'évaporer. Pensez à cligner volontairement, à faire des pauses régulières et à éloigner l'écran. L'air sec du chauffage ou de la climatisation et les courants d'air directs aggravent aussi les symptômes.
Si la gêne persiste malgré les larmes artificielles et les bons gestes, ou si elle retentit sur votre quotidien. Consultez sans tarder en cas de douleur oculaire vraie, de baisse de vision, d'œil rouge et douloureux ou de sensation de corps étranger : ces signes ne relèvent plus de la simple sécheresse.