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Santé · Médicaments

Ces médicaments que votre médecin ne prescrit plus — et pourquoi c'est une bonne nouvelle

De plus en plus de médecins retirent des traitements aux personnes âgées plutôt que d'en ajouter. Ce mouvement, appelé « déprescription », est souvent une excellente nouvelle pour votre santé. Explications.

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À 70 ans, une personne prend en moyenne 5 à 7 médicaments différents par jour. Ce phénomène, appelé polymédication, augmente le risque d'effets indésirables, d'interactions médicamenteuses et de chutes. La déprescription — réviser et réduire les médicaments inutiles ou dangereux — est une démarche médicale sérieuse et bénéfique.

Pourquoi la polymédication est un problème chez les seniors

Le corps vieillit et traite différemment les médicaments. Le foie et les reins, qui les éliminent, fonctionnent moins bien avec l'âge. Résultat : des médicaments prescrits à 50 ans peuvent devenir inadaptés ou dangereux à 75 ans. Les conséquences concrètes incluent des chutes (somnifères, anxiolytiques, certains antihypertenseurs), de la confusion (médicaments anticholinergiques), des troubles digestifs (AINS, corticoïdes) et des interactions dangereuses entre traitements.

📌 À retenir

La déprescription n'est pas un abandon de traitement. C'est une décision médicale réfléchie, prise avec votre médecin, pour améliorer votre qualité de vie en supprimant ce qui n'est plus utile ou ce qui est devenu dangereux.

Quels médicaments sont souvent candidats à la déprescription ?

  • Somnifères et anxiolytiques (benzodiazépines) : très prescrits, addictifs, augmentent le risque de chutes. Un sevrage progressif est possible — voir notre article arrêter les somnifères.
  • Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : prescrits parfois indéfiniment, une réévaluation après 8 semaines est recommandée.
  • Statines (anti-cholestérol) : leur bénéfice après 80 ans en prévention primaire est débattu.
  • Antidiabétiques oraux : les objectifs glycémiques peuvent être moins stricts chez les seniors fragiles.
  • Médicaments "comfort" prescrits il y a longtemps pour des situations passées qui ne persistent que par habitude.

Comment aborder la déprescription avec son médecin

Ne supprimez jamais un médicament de votre propre chef — certains arrêts brutaux sont dangereux. La bonne démarche :

  • Établissez une liste complète de tous vos médicaments (y compris les médicaments sans ordonnance et les compléments alimentaires) ;
  • Lors de votre prochain rendez-vous, demandez : "Est-ce que tous ces médicaments sont encore nécessaires ?"
  • Demandez une révision médicamenteuse annuelle — c'est une bonne pratique reconnue en gériatrie.

Le bilan médicamenteux partagé

Dans certaines pharmacies, un bilan partagé de médication (BPM) est proposé par les pharmaciens en coordination avec les médecins. Ce bilan systématique identifie les médicaments potentiellement inadaptés, les doublons et les interactions. Demandez à votre pharmacien si ce service est disponible dans votre officine.

Les services de gériatrie hospitaliers réalisent également des revues médicamenteuses lors des hospitalisations ou en consultation externe. Si vous avez plus de 75 ans et prenez plus de 5 médicaments, une consultation gériatrique peut être demandée par votre médecin. Votre rubrique droits peut vous aider à faire valoir cette demande.

Réduire les médicaments sans risques : le sevrage progressif

Pour certains médicaments (benzodiazépines, corticoïdes, antidépresseurs, bêtabloquants…), un arrêt brutal est contre-indiqué. Votre médecin organisera un sevrage progressif par paliers, avec surveillance régulière. Ce processus peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois selon le médicament et votre sensibilité. La patience est nécessaire, mais les bénéfices sont souvent spectaculaires : meilleur équilibre, meilleure mémoire, moins de fatigue.

✅ Que faire maintenant ?

Faites la liste de tous vos médicaments (y compris en vente libre) et apportez-la à votre prochain rendez-vous médical. Posez la question : "Ai-je encore besoin de tout ça ?" C'est le premier pas vers une médication plus sûre et une meilleure qualité de vie.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la déprescription ?

La déprescription est la révision médicale planifiée d'un traitement visant à réduire ou arrêter des médicaments qui ne sont plus bénéfiques ou dont les risques dépassent les bénéfices. C'est une décision médicale positive, prise avec le patient, pas un abandon de soins.

Peut-on arrêter soi-même un médicament jugé inutile ?

Non. Certains médicaments ne peuvent pas être arrêtés brutalement (antihypertenseurs, corticoïdes, antidépresseurs, benzodiazépines…). Un arrêt brutal peut provoquer un effet rebond dangereux. Parlez-en toujours à votre médecin, qui organisera un sevrage progressif si nécessaire.

Quels médicaments provoquent le plus de chutes chez les seniors ?

Les somnifères et anxiolytiques (benzodiazépines), certains antihypertenseurs (baisse de tension au lever), les antidépresseurs, les antiépileptiques et les médicaments pour la prostate sont parmi les plus impliqués dans les chutes. Une révision médicamenteuse peut réduire ce risque significativement.

Un médicament prescrit depuis longtemps peut-il devenir dangereux ?

Oui. Le vieillissement modifie la façon dont le corps élimine les médicaments (foie et reins moins efficaces). Un médicament bien toléré à 55 ans peut s'accumuler à 75 ans et provoquer des effets indésirables. D'où l'intérêt d'une révision médicamenteuse régulière.

Qu'est-ce qu'un bilan partagé de médication (BPM) ?

C'est un service proposé par certains pharmaciens, en coordination avec votre médecin, pour analyser systématiquement l'ensemble de vos médicaments. Il identifie les doublons, les interactions et les médicaments potentiellement inappropriés. Demandez à votre pharmacien si ce service est disponible dans votre officine.

Combien de médicaments est-ce trop pour un senior ?

Au-delà de 5 médicaments différents par jour (polymédication), le risque d'interactions et d'effets indésirables augmente significativement. Cela ne signifie pas que 5 médicaments sont toujours trop — chaque situation est individuelle — mais c'est le seuil à partir duquel une révision médicamenteuse annuelle est fortement recommandée.

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