Des millions de retraités prennent des somnifères depuis longtemps et souhaitent arrêter. Bonne nouvelle : avec la bonne méthode et un accompagnement, le sevrage est possible et sans danger.
Pris au départ pour passer un cap difficile — un deuil, une douleur, une période d'anxiété — les somnifères deviennent souvent une habitude qui dure des années. Pourtant, après 65 ans, ils présentent de vrais risques. La bonne nouvelle : on peut les arrêter, à condition de ne pas le faire seul ni du jour au lendemain.
Les somnifères de la famille des benzodiazépines et apparentés sont très prescrits chez les seniors. Avec le temps, ils peuvent favoriser :
Beaucoup de personnes constatent qu'après l'arrêt, leur sommeil est en réalité meilleur qu'auparavant.
N'arrêtez jamais un somnifère brutalement. Un arrêt soudain peut provoquer anxiété, insomnie de rebond et malaises. Le sevrage doit être progressif et encadré par un médecin.
Le principe, validé par les autorités de santé, consiste à réduire la dose très lentement, par paliers, sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Votre médecin établit un calendrier sur mesure et l'ajuste selon votre ressenti, sans précipitation. Il n'y a pas de course : chaque palier est franchi quand vous vous sentez prêt.
Parlez-en à votre médecin traitant : c'est lui qui pilote la diminution. Le pharmacien peut aussi vous aider à comprendre votre traitement et à suivre les paliers. Informez vos proches de votre démarche : leur soutien compte.
Pendant et après le sevrage, des habitudes simples favorisent un bon sommeil :
Les thérapies comportementales et cognitives de l'insomnie, parfois proposées par des professionnels, donnent d'excellents résultats durables, sans aucun médicament. Elles agissent sur les pensées et les habitudes qui entretiennent l'insomnie.
Le sevrage demande du temps et quelques nuits parfois difficiles. C'est normal et passager. L'objectif n'est pas la performance, mais de retrouver un sommeil plus naturel et une meilleure forme en journée.
Les premières semaines peuvent comporter quelques nuits plus agitées : c'est le « rebond », passager et normal. Il ne signifie pas que vous ne pouvez pas dormir sans médicament, mais que votre corps réapprend. Ce cap se franchit d'autant mieux qu'on l'a anticipé et qu'on est accompagné. Tenir un petit carnet de sommeil (heure de coucher, réveils, ressenti) aide vous et votre médecin à ajuster les paliers.
Pour accompagner l'endormissement sans médicament, plusieurs approches ont fait leurs preuves :
Ces habitudes, simples mais puissantes, renforcent les effets du sevrage et installent durablement un meilleur sommeil.
Parlez de votre projet d'arrêt à votre médecin. Pour mieux dormir naturellement, lisez aussi nos conseils Bien vieillir et Santé.
Arrêter brutalement peut l'être (anxiété, insomnie de rebond). En revanche, un sevrage progressif et encadré par un médecin est sûr et bien toléré. Ne modifiez jamais votre traitement seul.
Il s'étale généralement sur plusieurs semaines à plusieurs mois, par paliers adaptés à votre ressenti. Il n'y a pas de durée unique : la progressivité prime sur la rapidité.
C'est fréquent et passager. Maintenez des horaires réguliers, des rituels apaisants, et parlez-en à votre médecin qui pourra ajuster le rythme des paliers. Les thérapies du sommeil aident beaucoup.