Et si vous choisissiez vous-même, à l'avance, la personne qui veillerait sur vous et gérerait vos affaires en cas de coup dur ? C'est tout l'objet du mandat de protection future : une façon sereine d'anticiper, pour éviter une mise sous tutelle décidée par un juge.
Le mandat de protection future est un document par lequel vous désignez à l'avance, tant que vous êtes en pleine possession de vos moyens, la personne qui gérera vos affaires et veillera sur vous si un jour vous ne pouvez plus le faire (maladie, accident, perte d'autonomie). C'est un formidable outil d'anticipation, encore méconnu, qui permet de garder la main sur son avenir et d'éviter, le moment venu, une mise sous tutelle décidée par un juge.
Prévu par la loi, le mandat de protection future vous permet de désigner un mandataire (un proche de confiance, ou un professionnel) chargé de vous représenter et de gérer tout ou partie de vos intérêts le jour où votre état de santé ne vous le permettra plus. Vous décidez à l'avance qui, et pour quoi. C'est vous qui choisissez, plutôt que de laisser un juge désigner un tuteur.
Sans anticipation, si une personne perd son autonomie de décision, c'est le juge qui met en place une mesure de protection (tutelle, curatelle) et désigne le protecteur — voir notre article tutelle, curatelle, habilitation. Le mandat de protection future permet, au contraire, de choisir soi-même sa personne de confiance, de définir ses volontés, et d'éviter une procédure judiciaire souvent vécue comme lourde. C'est un geste de liberté et de sérénité, à l'image des directives anticipées pour les soins.
Le mandat peut couvrir :
Vous précisez l'étendue des pouvoirs. Le mandataire doit rendre des comptes, ce qui protège contre les abus.
Deux formes possibles :
Vous désignez votre mandataire, qui doit accepter cette mission. Le mandat reste révocable et modifiable tant qu'il n'est pas activé.
Le mandat ne prend effet que le jour où un médecin constate que vous n'êtes plus en état de gérer vos intérêts. Le mandataire fait alors constater cette activation (auprès du tribunal pour le mandat sous seing privé). Tant que vous allez bien, le mandat « dort » et vous continuez à tout gérer vous-même. C'est une sécurité qui ne change rien à votre vie tant que vous n'en avez pas besoin.
Le mandat de protection future s'inscrit dans une démarche globale d'anticipation, aux côtés du testament (pour la transmission), des directives anticipées (pour les soins) et de l'organisation de ses obsèques. Prendre ces dispositions tant que l'on est en forme, c'est se protéger soi-même et soulager ses proches. Un notaire peut vous conseiller sur l'ensemble.
Réfléchissez à la personne de confiance à qui vous confieriez la gestion de vos affaires en cas de coup dur, et parlez-lui-en. Pour une gestion courante, un mandat sous seing privé suffit ; pour des pouvoirs étendus (vente d'un bien), voyez un notaire. L'important est de le faire tant que vous êtes en pleine forme.
C'est un document par lequel vous désignez à l'avance, tant que vous êtes lucide, la personne (mandataire) qui gérera vos affaires et veillera sur vous si vous perdez votre autonomie. Vous décidez vous-même qui et pour quoi, plutôt que de laisser un juge désigner un tuteur le moment venu.
Le mandat de protection future est choisi et organisé par vous-même, à l'avance, sans juge. La tutelle (ou la curatelle) est une mesure décidée par un juge quand aucune anticipation n'a été prise. Le mandat permet donc d'éviter une procédure judiciaire et de garder la maîtrise de son avenir.
Deux formes : sous seing privé (formulaire officiel daté et signé, simple et gratuit, pour la gestion courante) ou notarié (devant notaire, pour des pouvoirs plus étendus comme vendre un bien). Vous désignez un mandataire qui accepte la mission. Il reste révocable et modifiable tant qu'il n'est pas activé.
Uniquement le jour où un médecin constate que vous n'êtes plus en état de gérer vos intérêts. Le mandataire fait alors constater cette activation. Tant que vous allez bien, le mandat reste en sommeil et vous continuez à gérer vous-même : il ne change rien à votre vie jusqu'à ce que vous en ayez besoin.
Selon ce que vous avez prévu, il peut veiller sur votre personne (santé, logement, bien-être) et/ou gérer vos biens (comptes, charges, patrimoine), dans le respect de vos volontés. Vous précisez l'étendue de ses pouvoirs, et il doit rendre des comptes, ce qui protège contre les abus.
Pas obligatoirement. Un mandat sous seing privé (formulaire signé) suffit pour la gestion courante. Le passage chez le notaire est nécessaire pour des pouvoirs étendus, comme la vente d'un bien immobilier, et offre un cadre plus sûr. Le notaire peut aussi vous conseiller sur l'ensemble de votre protection.