Donner à ses enfants la nue-propriété d'une maison tout en continuant à l'habiter jusqu'à la fin de ses jours : c'est le démembrement de propriété. Un outil ancien, méconnu, très efficace pour préparer sa succession et alléger les droits.
Le démembrement de propriété est un mécanisme juridique ancien mais toujours d'actualité pour optimiser sa succession. Il consiste à séparer les deux composantes de la pleine propriété d'un bien :
Vous avez 68 ans, une résidence secondaire qui vaut 300 000 €, et vous voulez la transmettre à vos deux enfants sans qu'ils paient trop de droits plus tard. Vous donnez la nue-propriété à vos enfants aujourd'hui, en conservant l'usufruit :
Les droits de donation sont calculés sur la seule valeur de la nue-propriété — pas sur la valeur totale du bien. La valeur de chaque part dépend de l'âge du donateur (usufruitier) au moment de la donation (source Service-Public) :
Exemple : bien de 300 000 €, usufruitier de 68 ans. Valeur de la nue-propriété = 60 % × 300 000 = 180 000 €. Les droits ne portent que sur cette somme — divisible par l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant. Voir abattements successoraux.
Rejoignez plus de 10 000 lecteurs qui reçoivent nos analyses vérifiées, alertes arnaques et droits à ne pas manquer — gratuit, sans publicité.
✉ Je m'inscris gratuitementUn démembrement se fait obligatoirement chez le notaire pour un bien immobilier, avec rédaction d'un acte authentique. Coût : environ 1-2 % de la valeur du bien pour un démembrement simple. C'est un vrai investissement, avec des retombées fiscales et successorales qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Voir frais de notaire. Le notaire vérifiera aussi la cohérence avec le reste de votre succession et la stratégie de donation.
Le démembrement est puissant mais engage. Un rendez-vous notaire (souvent gratuit pour le 1er conseil) permet de simuler l'économie fiscale, de vérifier la cohérence avec votre situation familiale, et de vous assurer qu'aucun piège ne se cache dans votre cas particulier. C'est l'un des outils les plus efficaces de la transmission familiale.
Oui, mais uniquement avec l'accord de tous : usufruitier + nus-propriétaires. Le prix est ensuite réparti selon le barème de l'article 669 du CGI.
Sa nue-propriété passe à ses héritiers (souvent ses propres enfants), qui deviendront pleins propriétaires à votre décès.
Non, la donation est irrévocable sauf cas très exceptionnels (ingratitude grave, inexécution des charges). Réfléchissez bien avant.
Oui, il peut louer et percevoir les loyers. Il ne peut pas conclure un bail commercial ou rural sans accord du nu-propriétaire (car cela engage au-delà de l'usufruit).
Oui, complètement. La reconstitution de la pleine propriété au décès de l'usufruitier est totalement exonérée.
1 à 2 % de la valeur du bien pour un démembrement simple, plus les taxes. Sur un bien de 300 000 €, comptez environ 4 000-6 000 €.